Courrier du 20 avril 2016 au Préfet de Région

Voici le courrier que j’adresse ce soir au Nouveau Préfet de Région, Monsieur Michel LALANDE, relativement à l’organisation des fêtes d’école. Nous ne sommes toujours pas entendus par la Ministre dont le mutisme risque bien de provoquer l’annulation de nos fêtes d’école. Le transfert des charges de la sécurité des fêtes d’école sur des adultes -enseignants ou parents- est tout simplement inopérante et inacceptable, ces personnes n’étant pas des professionnels de la sécurité agréés. Comme dans la gestion des TAP voulus par l’Etat, le ministère ordonne et les maires disposent ! Ce système éprouve ici ses limites surtout lorsqu’il s’agit de la sécurité des personnes qui reste le devoir régalien de l’Etat par excellence. Une question demeure : pourquoi un tel zèle dans le département du Nord ?

Monsieur le Préfet de Région,

Je tenais tout d’abord à vous féliciter pour votre récente nomination en tant que Représentant de l’Etat dans notre belle et grande région des Hauts-de-France. Je me permets d’ores et déjà de vous solliciter sur un sujet que vous avez sans nul doute eu l’occasion de découvrir ces derniers jours : cela fait maintenant quelques semaines que les interrogations se multiplient et que l’inquiétude grandit concernant une possible annulation des fêtes d’école dans plusieurs villes de ma circonscription dont celle de Roncq.

A l’origine de celles-ci, des directives peu claires -et en l’occurrence inopérantes- des services de l’Etat, et par voie de conséquence un refus de nombreux directeurs d’école d’endosser la responsabilité d’une organisation de manifestation contraignante en termes de sécurisation.

Je reprendrai ici les consignes de sécurité applicables dans les établissements relevant du Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, mises à jour sur son site le 13 avril :

« – Toute manifestation au sein de l’école doit faire l’objet de la part du directeur d’une validation auprès de la direction de l’Inspection Académique. Les directeurs sont au courant de cette procédure.

– Doivent être mentionnés : l’objet, la date, le lieu, le nombre d’enfants concernés, le nombre approximatif de public attendu, les conditions mises en œuvre pour la sécurité

– Le filtrage et le contrôle aux portes étant obligatoires, ils peuvent être faits par des membres de l’association des parents d’élèves ;

– L’accueil à l’entrée des écoles et établissements scolaires est assuré par un adulte ;

– Un contrôle visuel des sacs peut être effectué ;

– L’identité des personnes étrangères à l’établissement est systématiquement vérifiée… »

Comment concrètement les personnels scolaires et les parents d’élèves pourraient-ils suivre ces recommandations ? Ils n’ont aucune habilitation ni légitimité à le faire, et cela ne peut qu’être source de désagréments, voire de conflits, en amont d’un temps qui se doit de rester convivial et familial.

En tant que Maire, je ne puis me résoudre à voir cet événement important pour la vie de l’école et les familles annulé. Les services municipaux sont mobilisés afin de répondre aux besoins matériels et logistiques nécessaires à ces organisations, mais ne peuvent eux non plus intervenir sur la régulation de l’accès aux sites scolaires durant les différents événements organisés. La Ville de Roncq, par exemple, dispose d’un seul policier municipal, non habilité à fouiller les sacs et contrôler l’identité des personnes souhaitant pénétrer dans un établissement scolaire.

Je partage l’incompréhension des familles et des directeurs d’école qui se sentent dépourvus de solution, d’autant plus que sont organisés de manière bien plus libre événements municipaux ou associatifs durant lesquels les enfants sont présents, des fêtes en accueils de loisirs aux événements associatifs sportifs, en passant par de plus importantes manifestations populaires comme la récente Rétromécanic qui a réuni plusieurs milliers de personnes et des centaines d’enfants.

L’état d’urgence nous incite bien évidemment à une vigilance collective, mais certaines mesures ne me semblent clairement pas être du ressort des familles, des services de l’Education Nationale ou de la Ville. C’est pourquoi je sollicite de votre part quelques éclaircissements et propositions de solutions adaptées.

Si l’Etat dispose d’informations que les Maires n’ont pas et qui empêchent l’organisation de ce type de manifestations enfantines, alors que l’Etat prenne clairement ses responsabilités en les interdisant. Dans le cas contraire, il serait bienvenu que les consignes décrétées par le ministère de l’Education Nationale soient accompagnées des moyens dédiés. Tout ceci est d’autant plus incohérent que le Nord est, à ma connaissance, le seul département où ces événements festifs en milieu scolaire pose un quelconque problème.

Comptant sur votre intervention, et restant à votre écoute pour tout échange à ce sujet, je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet de Région, l’assurance de ma parfaite considération.

Vincent LEDOUX